4 règles pour réussir son projet en réseau collaboratif (3/9)

La mondialisation et la course internationale à l’innovation forcent les organisations à repenser leurs approches du développement économique. Il faut être imaginatif, et tester de nouvelles façons de faire. C’est ce que propose l’approche par écosystèmes d’affaires  qui mise, entre autres, sur l’efficacité du travail en réseau collaboratif. Ce type de regroupement donne la possibilité aux entreprises de mettre en commun certains efforts pour atteindre un objectif partagé.

Mais comment amener des acteurs différents — voire concurrents — à travailler ensemble ? Voici 4 règles d’or tirées de notre expérience de terrain.

 

1 — Désigner un agent de réseau neutre et crédible

Même si le groupe d’acteurs se constitue autour d’un projet commun, il n’est pas naturel pour ces organisations de collaborer. Leurs intérêts divergent, et il existe souvent une concurrence féroce entre les différentes entreprises en dehors de ce projet précis. Le groupe a donc besoin d’un agent de réseau objectif pour créer une synergie entre les participants.

Comme il dépend de structures externes (municipales, régionales ou autre institution publique), le développeur économique est bien placé pour jouer cette partition de chef d’orchestre. Il connaît le milieu d’affaires, tout en n’ayant aucun parti pris. Dans un réseau collaboratif, il a pour mission de faire cheminer les membres ensemble, jusqu’au bout du projet. Il les aide à avancer sur la base d’un consensus, et non en cherchant l’unanimité sur chacune des décisions.

Pour remplir ce rôle, l’agent de réseau doit s’assurer que son objectivité et sa crédibilité (assise sur des faits, et non sur des opinions) sont bien établies auprès du groupe. C’est une condition primordiale pour instaurer la confiance nécessaire à toute initiative d’envergure.

 

2 — Déterminer un objectif précis

L’objectif du projet commun du réseau collaboratif peut être très clair dès le départ. Mais il arrive qu’il soit plus flou, voire que le groupe se forme autour d’une page blanche en réunissant des acteurs qui ont un intérêt à travailler ensemble, mais qui n’ont aucune idée précise du « comment faire ».

C’est à l’agent de réseau d’accompagner les parties prenantes dans la définition de cet objectif. Que souhaite-t-on accomplir ensemble ? Veut-on conquérir un nouveau marché ? Développer ensemble un nouveau produit ? Surmonter une difficulté commune ? Lors des rencontres de démarrage, ce facilitateur guide les discussions qui visent à bonifier, puis valider la cible avec toutes les parties prenantes.

 

 3 — Établir des règles de fonctionnement claires

Une fois les acteurs d’accord sur l’objectif à atteindre, ils doivent ensuite s’entendre sur les balises du projet. Il s’agit, avec l’aide de l’agent de réseau, de débattre puis de fixer les règles du jeu qui régissent l’initiative afin d’éviter tout favoritisme, conflit d’intérêts ou autre enjeu né d’un tel partenariat entre des acteurs divers. Qu’a-t-on le droit de faire, ou de ne pas faire ? Qu’est-ce qu’on partage, et qu’est-ce qu’on ne partage pas comme informations dans le cadre de ce projet-là ? Il faut situer la limite de la collaboration, et le niveau de consensus à atteindre pour faire avancer le projet dans de bonnes conditions.

 

4 — Mobiliser le groupe en continu

Si efficace soit le plan, la réussite de son exécution dépend surtout de la motivation des personnes concernées ! C’est là qu’entre en jeu le talent de l’agent de réseau. Son défi consiste à créer et maintenir une dynamique de groupe avec plusieurs parties prenantes, sans lien hiérarchique entre elles. Cela implique une bonne maitrise des techniques d’animation. Et que l’agent de réseau suive un processus simple et documenté, fondé sur des rencontres régulières, donc sans surprise pour les participants.

Le rythme de l’avancée du projet a aussi une importance fondamentale dans l’engagement du groupe. Si le projet démarre trop vite, les participants s’essouffleront avant la fin. Au contraire, s’il commence trop lentement, ils risquent de décrocher rapidement. Le secret d’un bon chef de projet ? Instaurer une montée en puissance et créer un momentum où les acteurs acceptent de s’impliquer. Surtout ne jamais ralentir la cadence, et toujours l’accélérer !

 

CT Innovation Alliance : un exemple de réseau collaboratif réussi

D’où nous sont venues ces 4 règles d’or ? De l’expérience de terrain de notre président, Jocelyn Gagnon. Avant l’aventure Espace Stratégies, il a notamment travaillé pour le Ministère de l’Économie et de l’Innovation. Il y a été à l’initiative d’un projet pilote de réseau collaboratif dès la fin des années 90 : la CT Innovation Alliance. Ce regroupement comptait une vingtaine de PME québécoises du secteur de la « Computer Telephony Integration », au carrefour de la téléphonie et du logiciel informatique.

Chacune de ces PME était trop petite pour attaquer le marché américain, composé de géants comme Intel ou Cisco. L’idée du Ministère, par l’entremise de Jocelyn, le président fondateur d’Espace Stratégies, qui a joué le rôle d’agent de réseau, était de leur proposer de co-créer une coalition (bien qu’elles soient concurrentes en sol québécois) pour enfin accéder à ces grands joueurs.

À force de collaboration, le réseau a bâti un plan d’action et s’est constitué une image de marque forte pour rayonner, notamment au salon professionnel annuel de Los Angeles. Sa réussite a pu se mesurer aux fusions/acquisitions qui ont suivi, aux investissements américains réalisés dans certaines de ces PME québécoises, ainsi qu’aux nombreux partenariats conclus.

La réussite d’un projet réalisé par un réseau collaboratif dépend en grande partie des capacités de l’agent de réseau à instaurer la confiance dans le groupe, et à susciter l’engagement jusqu’au bout du projet. Êtes-vous d’accord avec ce constat ? Que pensez-vous d’une telle approche dans un contexte de développement économique ?

N’hésitez pas à nous contacter pour en discuter !

Cet article est le 3ème d’une série de 9 sur le développeur économique 4.0. Le 4ème article introduit 4 tendances qui impactent le développement économique